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Mon enfant a peut-être de l'autisme : par où commencer en 2026 ?

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    vlecetre
  • il y a 12 heures
  • 4 min de lecture

Par Valentine Lecêtre, maman de Sasha, diagnostiqué autiste à 19 mois en novembre 2015. Auteure de Sortir de l'autisme (Éditions Ideo/City).


Tu as tapé « mon enfant est autiste que faire » dans Google. Si tu es là, c'est qu'au fond de toi quelque chose te dit que ce n'est pas comme les autres. Un regard qui glisse, un prénom appelé qui ne fait plus tourner la tête, des mots qui ne viennent pas, des crises incompréhensibles, des routines qui deviennent rigides. Et autour de toi, on te répète « il est juste timide », « ma cousine a parlé à trois ans », « tu t'inquiètes pour rien ».



Important : cet article n'est pas un avis médical. Le diagnostic d'autisme ne peut être posé que par une équipe pluridisciplinaire (pédiatre, neuropédiatre, psychologue, parfois CRA). Si quelque chose t'inquiète, parle d'abord à ton médecin traitant ou à la PMI.


  1. Écouter ton intuition de parent (et la documenter)

La première chose à savoir : ton intuition de parent n'est pas du « stress » ni de la « projection ». La recherche est claire — les parents repèrent en moyenne les premières inquiétudes 6 à 12 mois avant le diagnostic officiel. Tu vis avec ton enfant 24 heures sur 24. Aucun pédiatre, aussi compétent soit-il, ne voit ce que tu vois pendant un rendez-vous de 15 minutes.


Mais l'intuition seule ne convainc personne. Ce qui convainc, c'est un carnet d'observations daté, factuel, sans interprétation. Prends un cahier ou une note sur ton téléphone et note pendant deux semaines : les réactions de ton enfant à son prénom, le contact visuel, le pointage, le jeu, les mots, les mouvements répétitifs, les particularités sensorielles.


  1. Faire le test M-CHAT-R (gratuit, 5 minutes)

Le M-CHAT-R est le questionnaire de dépistage validé internationalement pour les enfants de 16 à 30 mois. Disponible en version française gratuite. C'est 20 questions oui/non. Important : ce n'est PAS un diagnostic, c'est un outil de dépistage. Un score élevé = une évaluation par un professionnel est recommandée.


  1. Prendre rendez-vous chez ton médecin traitant cette semaine

Pas la peine d'attendre. Apporte ton carnet d'observations et le résultat du M-CHAT-R. Demande un examen du carnet de santé (audition d'abord) et une orientation vers un CMPP, un CAMSP ou une équipe pluridisciplinaire. Si ton médecin minimise (« attendons six mois »), demande poliment : « Pouvez-vous noter sur l'ordonnance que je demande une orientation et que vous n'estimez pas nécessaire de la faire aujourd'hui ? » 9 fois sur 10, ce mot fait sauter le verrou.


  1. Inscrire ton enfant dans un CRA — sans attendre le diagnostic

Les CRA (Centres Ressources Autisme) ont des délais d'attente longs en France — souvent 12 à 24 mois selon les régions. La règle d'or : inscris dès que la suspicion existe, même si tu n'as pas encore de diagnostic. Tu pourras toujours annuler. Ce qui ne se rattrape pas, c'est le temps perdu. Cherche « CRA + ta région » sur Google ou consulte gncra.fr.


  1. Faire évaluer par un psychologue libéral en parallèle (si tu peux)

Pour un bilan complet (ADOS-2, ADI-R, profil sensoriel), compte 400-900 € selon les régions. Avec un bilan libéral en main tu peux commencer à monter un dossier MDPH, mettre en place orthophonie et psychomotricité, obtenir une AEEH. Tu n'as pas besoin du diagnostic final pour démarrer ces aides.


  1. Démarrer la stimulation cette semaine, pas dans six mois

Le pire piège : attendre le diagnostic officiel pour commencer. La plasticité cérébrale est maximale entre 0 et 3 ans. Chaque jour compte. Dès cette semaine, sans diagnostic : moins d'écrans, du jeu en face à face par terre 20 minutes deux fois par jour, du langage descriptif (décris ce que tu vois sans poser de questions), une routine prévisible.


  1. Te protéger, toi

Tu ne peux pas accompagner ton enfant si tu t'effondres. Rejoins un groupe de parents (associations locales, groupes Facebook fermés modérés). Si possible, une séance par mois avec un psychologue spécialisé en parentalité atypique. Garde une activité non liée à l'autisme : sport, lecture, sortie entre amies, 30 minutes par semaine minimum. J'ai mis 18 mois à comprendre que prendre soin de moi n'était pas égoïste.


Et maintenant ?


Si tu es au tout début du chemin, je sais ce que tu ressens. La peur, la culpabilité de « ne pas avoir vu plus tôt », la sensation d'être seule. Tu n'es pas seule. Des milliers de parents francophones traversent ça en ce moment même.


J'ai écrit Sortir de l'autisme (Éditions Ideo/City, 2023, disponible aussi en livre audio) pour partager ce que j'ai mis cinq ans et sept mois à apprendre. Tu n'es pas obligée de le lire pour avancer — mais si tu cherches un guide complet, écrit par une maman qui a fait toutes les erreurs avant toi, il est là. Tu peux aussi recevoir ma checklist gratuite « Les 10 premiers gestes après un diagnostic d'autisme » en t'inscrivant à la newsletter.

Je connais cette phrase intérieure. En 2015, à six mois de Sasha, j'ai su. Personne ne m'a crue avant ses 19 mois — date à laquelle il a reçu le diagnostic d'autisme sévère. Je ne suis pas médecin. Je suis une maman qui a fait des erreurs, qui a perdu du temps sur certaines pistes et qui en a gagné sur d'autres. Voici, étape par étape, ce que je ferais si c'était à refaire aujourd'hui, en 2026.

 
 
 

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